désinvestissement

« Nous pouvons et nous devons investir dans les portions de notre économie qui sont déjà faibles en gaz à effet de serre. Nous devons étendre la définition des emplois verts. Ce n’est pas que de mettre des panneaux solaires. Une infirmière est un emploi vert. Enseigner est un emploi ” climat “. Les arts sont un domaine faible en gaz à effet de serre. » — Naomi Klein en conférence à Montréal, Tout peut changer, le 13 mars 2015

Il y a urgence de limiter à 1,5 degré Celsius la hausse de la température sur terre d’ici 2100. En décembre 2015, lors de la COP21 à Paris, 195 pays dont le Canada l’ont reconnu. Il est évident que notre planète montre ses limites et que l’économie ne peut plus croître « business as usual » comme c’était le cas au 20e siècle. Il faut désormais choisir une direction.

Désinvestir, c’est tourner le dos aux secteurs néfastes de l’économie en retirant nos capitaux de ceux-ci et en transférant ces montants dans les secteurs bénéfiques. Par exemple, cesser d’investir les fonds souverains et les caisses de retraite dans l’industrie des combustibles fossiles. Cela a déjà été fait avec l’industrie du tabac, qui était pourtant prospère et créatrice d’emploi. Cette industrie est maintenant en décroissance et la société et les ex-fumeurs s’en portent mieux. Il est possible de faire le même choix pour les combustibles fossiles. Le secteur financier lui-même incite maintenant les investisseurs à faire preuve d’une plus grande prudence quant aux investissements dans le secteur pétrolier. Selon Mark Carney, gouverneur de la Banque d’Angleterre, il est de plus en plus risqué d’investir dans le secteur des énergies fossiles dans le contexte de la lutte aux changements climatiques.

Au Québec, la Caisse de dépôt et placement pourrait donner l’exemple en annonçant la fin de ses investissements dans le secteur des énergies fossiles comme le diocèse anglican de Québec l’a fait en 2015. Un mouvement étudiant mondial cherche également à faire pression sur les universités du monde entier pour que celles-ci se départissent de leurs intérêts dans les énergies fossiles. Par exemple, ici, l’association Divest McGill agit auprès de l’Université McGill, tout en s’inscrivant dans ce mouvement mondial.

Certains diront que notre PIB (produit intérieur brut) pourrait décroître si nous nous libérons du pétrole et nous tournons vers les produits locaux et une consommation plus modérée. D’autres, au contraire, diront plutôt que notre économie peut bénéficier de la transition énergétique.

Mais, quoi qu’il en soit, le PIB est-il une bonne mesure de la santé physique et mentale d’une population? Devrait-on se tourner plutôt vers de meilleurs indicateurs comme l’indice du mieux-être, développé par l’OCDE, ou encore le Gross National Happiness, un index développé par le roi du Bhoutan en 1972 qui calcule le niveau de santé spirituelle, physique, sociale et environnementale d’un pays. Pour sa part, l’indice du mieux-être de l’OCDE inclut d’autres indicateurs que le « chiffre d’affaires » d’une société, comme les conditions de travail, l’éducation et le logement, entre autres. Ainsi, l’immense pollution des sables bitumineux et ses émissions de gaz à effet de serre ou encore un désastre pétrolier avec ses coûts de nettoyage et de santé gargantuesques pourraient éventuellement gonfler une économie sur le court terme, mais il est évident que ce n’est pas à l’avantage de la société sur le long terme. Raison de plus d’investir en prévention pour la santé, en arts, en transport collectif, en énergies vertes et renouvelables et en éducation.

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